La biographie de Choupard n'a jamais été
écrite. Cet auteur d'un projet tout à fait inconnu
d'une ville dans la plaine d'Areuse
(1), Arthur Piaget le qualifiait, avec raison, de
« grand amateur d'histoire et de passionné fouilleur
d'archives ». Il faudrait, pour le connaître,
dépouiller systématiquement ses papiers groupés
surtout dans les archives Chambrier. Les archives de l'Etat
et celles de la Classe ont été utilisées
à son sujet lors de la publication de la Biographie
de Farel, en 1930. On tira parti, à cette occasion
- avec réserves - de son manuscrit : Histoire de la
vie de Guillaume Farel, conservé par la Bibliothèque
de la ville.
Ne fait aucun doute, la similitude d'écriture de ses
nombreux mémoires, de sa correspondance, de ses copies
de lettres et notices sur maints sujets. De sa main, sont
également les pages d'un recueil sur la maison de Neuchâtel
et sur Fontaine-André, déposé aussi à
la Bibliothèque de la ville - don en 1821, du Conseiller
Frédéric Chaillet aux Quatre-Ministraux. Ce
document avait été conservé plus de 130
ans dans la famille Chaillet. C'est ce manuscrit-là
que Choupard utilisa pour collaborer au fameux Dictionnaire
de Louis Moréri dont un volume, contenant notice sur
notre pays, fut édité à Bâle en
1732.
Facteur probant à l'appui de la thèse d'Arthur
Piaget - selon laquelle Choupard ne reçut jamais en
prêt, de quiconque, le grimoire de la prétendue
chronique des chanoines censé avoir brûlé
chez lui lors de l'incendie de 1714 - Choupard dressa, jadis,
des listes de chanoines du chapitre de Neuchâtel, qui
ignorent complètement les noms des chroniqueurs fictifs
imaginés par le fabricant du document. Ses listes -
relevées avec l'inventaire de ses papiers - s'apparentent
à celles des archives de l'Etat ou du chapitre, à
celles que donne aussi l'authentique chanoine anonyme, jean
Dubois. Nulle part, Choupard ne fait allusion en tout cas
au prêt d'une telle chronique qui lui eût été
confiée. Encore moins au fait que ses papiers eussent
brûlé en 1714. Tout ceci confirme donc le mythe
établi.
Mais, venons-en au fait.
Quel rapport y a-t-il entre le diacre Jean-Louis Choupard
et le projet d'une ville dans la plaine d'Areuse ? La prochaine
perspective de transformer cette plaine charmante en aérodrome,
ne fait-elle pas songer au passé puisqu'il fut question
d'y construire une ville ? Il s'agit d'une idée qui
- en 1705 - fit l'objet d'un exposé de Choupard au
comte de Metternich.
Documents en doubles originaux.
Choupard avait l'habitude d'écrire lettres
et mémoires en doubles originaux qu'il signait tous
deux. L'un était expédié, l'autre conservé
chez lui. L'un des deux originaux - signé - d'une lettre
de 1708, de 22 pages, dans laquelle il fait part de son plan
à Metternich.
(1) Ce sujet avait été
traité le 3 mais 1949, a la séance de la Section
de Neuchâtel de la Société d'histoire
et d'archéologie.
VILLE
DANS LA PLAINE D'AREUSE (suite3)