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BOURGEOISIE DE BOUDRY,
1705-1729
d’après les manuels de cette corporation
Nos Communes neuchâteloises étaient
autrefois très jalouses de leur autorité, aussi
tous leurs efforts avaient?ils pour but d’en conserver le
prestige et d’empêcher qu’on manquât de
respect à leurs mandataires.
Nous ne devons donc pas être surpris de rencontrer dans
les procès-verbaux de leurs assemblées les noms
de diverses personnes qui furent obligées de faire amende
honorable pour avoir parlé trop légèrement
de ces corporations.
Voici quelques exemples de faits de ce genre, qui se sont passés
à Boudry.
Un premier cas est relaté dans le procès-verbal
d’une assemblée de bourgeoisie, ayant eu lieu le
4 janvier 1705 :
« Comme il est venu à notice que certaines personnes
ont proféré des paroles injurieuses contre la communauté,
il s’est passé qu’on leur notifiera de venir
demander pardon en pleine Commune, et à moins de quoi on
les fera poursuivre au châtiment par la Justice. Marguerite
veuve de Guillaume Esmonet s’est présentée,
a demandé pardon et promis de bien vivre dorénavant
et de ne plus mal parler contre la Commune. »
Dans l’assemblée du 5 juillet 1712, David Colomb
est accusé d’avoir prononcé des paroles inconvenantes
contre la bourgeoisie ; « se trouvant le dimanche auparavant
au bas du Pont, ayant dit que les gens du Conseil de Ville étaient
tous sortis de leur séance (à l’hôtel
de ville) comme des cinq cents diables de fous ; en conséquence
il est suspendu de ses fonctions de conseiller, jusqu’à
ce qu’il aie donné satisfaction à la Bourgeoisie.
»
En 1719 demeurait à Boudry l’ancien bailli d’Aubonne,
M. Bondely ; le fils aîné de ce patricien bernois
ayant tenu des propos blessants à l’adresse des maîtres-bourgeois
et des brévards , les maîtres-bourgeois vinrent lui
demander raison des paroles qu’il avait prononcées,
mais ils ne purent rien en obtenir.
Le 22 octobre 1719, les sieurs maîtres-bourgeois ont représenté
« que suivant l’ordre à eux donné, ils
ont été à Neufchastel voir M. le conseiller
Hory pour tâcher de terminer amiablement l’affaire
de M. Bondely son petit?fils, au sujet des paroles indécentes
et de mépris qu’il a proférées contre
les sieurs maîtres-bourgeois et brévards, en faisant
signer au dit M. Bondely le désaveu porté au pied
de l’attestation des brévards, ce qu’ils n’avaient
pu obtenir ; mais au contraire que le dit M. Bondely leur avait
parlé avec tant d’aigreur, que le sieur maître?bourgeois
Grellet avoir été contraint de sortir. » Le
29 octobre, deux lettres du gouverneur de Lubières furent
lues dans l’assemblée de bourgeoisie, « par
lesquelles lettres Sa Grandeur ordonne de paraître devant
elle pour terminer cette affaire. »
scènes
(suite2) |