La
bourgeoisie
Elle se
réunit au sortir du culte dans une salle de l'ancien
Hôtel-de-Ville appelée la « Chamoise
»
Deux maîtres-bourgeois président l'assemblée.
L'un a été choisi parmi les justiciers, l'autre
parmi le « commun peuple ». Les Maîtres-Bourgeois
entrent dans la Chamoise précédés du «
Sautier » portant le sceptre (insigne du pouvoir). Le
sautier porte une redingote en drap rouge et bleu (couleurs
de la Ville), à parements intervertis. Au haut de la
Chamoise, autour d'une table recouverte d'un tapis bleu bordé
de rouge, siègent les Maîtres-Bourgeois, le secrétaire
et les justiciers. Au bas de la salle se trouvent les bancs
destinés au commun peuple, c'est-à-dire les chefs
de famille jouissant de leurs droits civils. On peut assimiler
les bourgeoisies aux assemblées communales (Conseil communal
et Conseil général) qui les ont remplacées
après 1848, du moins pour les affaires traitées.
La charte
de 1343, donnée aux bourgeois de Boudry par le comte
Louis, les exemptant de toutes tailles, exactions et impôts
arbitraires quelconques, et octroyant à la bourgeoisie
la faculté de recevoir au nombre de ses membres les étrangers
qui en seraient jugés dignes, contenait d'autre part
deux dispositions qui diminuaient singulièrement la valeur
de ces franchises. C'était l'interdiction faite aux habitants
de prendre bourgeoisie ailleurs et de changer de résidence
sans la permission expresse du comte, et cela sous peine de
se voir confisqués corps et biens. On conçoit
qu'avec le temps une pareille servitude, à laquelle,
d'ailleurs, n'était astreinte aucune autre bourgeoisie,
dut finir par paraître intolérable aux bourgeois
de Boudry, forcés de rester confinés dans l'étroite
enceinte de leur ville et qu'ils durent plus d'une fois tenter
de s'en affranchir. Ce fut en 1526 trois ans avant que les douze
Cantons restituassent le comté à Jeanne d'Orléans,
qu'ils obtinrent l'autorisation de bâtir hors des limites
de la ville et qu'ils furent rétablis dans le droit commun
des autres bourgeoisies.