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Du 10 au 20 septembre 1927 a été
ouverte à Boudry l'Exposition cantonale d'agriculture.
La précédente avait eu lieu à Colombier en 1902.
Le magnifique effort qu'a fait Boudry pour organiser cette manifestation
est des plus méritoires. Superbement installée et aménagée,
l'exposition a offert à ses visiteurs des richesses souvent
insoupçonnées; elle leur a donné aussi une belle
leçon de choses : l'effort patient du cultivateur et de l'éleveur.
Pour obtenir des produits toujours plus beaux et plus nombreux. Leur
patient labeur a-t-il été couronné de succès
? L'exposition de Boudry est une éloquente réponse à
cette question. Produits de la vigne et des champs, bétail,
produits laitiers, légumes, fruits et fleurs, tous ont proclamé
le travail intense récompensé. Les exposants ont fait
preuve de beaucoup de goût dans l'aménagement de leurs
étalages ; citons parmi ceux qui furent particulièrement
admirés : les stands de Belmont, de Perreux et de l'Ecole d'agriculture
de Cernier. Cet établissement, ainsi que la station d'essais
viticoles, entre autres, n'ont pas négligé le côté
scientifique des travaux agricoles. Ils ont voulu, avec raison, que
Boudry ne fût pas seulement un stimulant, un encouragement à
l'agriculture, mais aussi une occasion pour le paysan de parfaire
ses connaissances. Cette glorification du travail de la terre a été
complétée d'une manifestation artistique, donnée
durant plusieurs soirs à la cantine, avec un succès
toujours croissant. Les organisateurs de Boudry ont eu la main heureuse
en faisant appel à M. Emile Lauber pour la mise sur pied du
festival «La ruche bourdonne». En collaboration avec Mile
Gilberte de Rougemont, M. Lauber a magnifié le travail de la
terre en un superbe poème musical de trois tableaux. Dans un
décor bien jurassien, le premier tableau nous présente
une scène de labour : deux boeufs graves et lents tirent
la charrue ; l'on peut espérer une magnifique récolte.
Mais, tandis que les blés ondulent au souffle de la brise,
voici que le ciel se couvre de noirs nuages, des éclairs zèbrent
l'horizon, l'orage éclate, la récolte est anéantie.
Le paysan est en proie au découragement. Mais c'est bientôt
la joie d'une nouvelle récolte et des fiançailles de
Jean avec Mariette. Ce dernier tableau, le plus vif, le plus animé,
le plus riche en rondes et en couleurs, se termine par un hymne à
la terre et au pays natal:
"Aimons notre pays, sol natal de nos pères.
Comme eux, cultivons-le, pleins de la même ardeur.
Pour le fertiliser et le rendre prospère,
Songeons qu'il leur fallut des siècles de labeur".
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