On
regrette que les manuels de la
bourgeoisie soient si sobres de détail et rédigés
avec un laconisme désespérant. On en jugera par
les extraits qui suivent :
21 avril 1743 -- On a reçu le sieur Jean Mara de Cagliari
en Sardaigne pour habitant dans ce lieu autant de temps qu'il
plaira à la Bourgeoisie en payant le gîte et obéir
aux siens maîtres-bourgeois. Que venait faire à Boudry,
au milieu du XVIIIe siècle, ce Jean Mara, natif de l'île
de Sardaigne, désigné comme prosélyte ? On
en était réduit aux conjectures, jusqu'à
la découverte faite par M. le professeur W. Wavre, dans
les anciens manuels du Conseil d'Etat. Du 21 mars 1747 -- Sur
la requête de Jean Mara, habitant de Boudry et dessinateur
dans la fabrique
d'indiennes des sieurs Clerc et Cie, exposant qu'il
aurait eu le malheur de perdre, il y a quelques semaines, trois
desseins (sic) depuis la maison qu'il occupe jusqu'au faubourg,
et quoi qu'il ait eu la précaution de faire publier par
le sautier une récompense pour la personne qui les aurait
trouvés, il supplie le Conseil d'ordonner à M. le
Châtelain de Boudry de faire des enquêtes secrètes
dans la vue de découvrir l'auteur de ce vol.-- Délibéré,
il est ordonné à M. Pury, Conseiller d'Etat et Châtelain
de Boudry, de faire des enquêtes secrètes, etc.Ces
lignes sont précieuses, d'abord parce qu'elles établissent
nettement la profession de Jean Mara, ensuite parce qu'elles nous
renseignent sur son domicile qui devait être dans l'intérieur
du bourg de Boudry, lequel était fermé par trois
portes
: deux dans le haut de la ville, une autre dans le bas, un peu
au-dessus du pont sur l'Areuse. S'il eût habité le
faubourg au-dessous du pont,
comme on l'a dit, publié et admis jusqu'à présent,
la rédaction ci-dessus, concernant sa demeure, serait différente.
Revenons aux manuels de Boudry, qui ajouteront à cet égard
une nouvelle lumière :
Du 25 décembre 1745 -- Il s'est passé que le Sieur
Mara paiera un écu
neuf (6 fr.) aux fourniers du haut, pour le fournage,
ou qu'il sortira du lieu. »La Bourgeoisie n'y allait pas
de main morte, payer le fournage ou vider les lieux. Il y avait
à Boudry deux fours banaux, l'un dans le faubourg au-dessous
du pont, l'autre à Vermondins,
attenant à la porte de la ville. C'est
de ce dernier qu'il est question. J. Mara habitait donc le haut
de la ville, probablement la petite maison coniguë au temple,
selon une tradition.
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