Nous
sommes en présence d’un détail d’architecture
peu commun et qui mettra plus d’un archéologue dans
l’embarras.
Albert Vouga communique le dessin d’une porte d’ancienne
maison, située dans le haut de la grande rue de Boudry,
maison qui, peut-être, était une dépendance
du château.
Sa porte, de forme ogivale, établie dans les conditions
normales, est surmontée de chaque côté de
pierres taillées en rond, encastrées dans la muraille
et ayant l’aspect de gonds gigantesques.
Il n’était cependant pas dans les habitudes de faire
des gonds en pierre, et ceux-ci ne sont point placés à
égale hauteur, celui de gauche est sensiblement plus élevé que
celui de droite.
Albert Vouga admet qu’ils appartenaient à deux portes
extérieures se rabattant l’une sur l’autre
et que les gonds du bas, vraisemblablement fixés dans le
sol, ont disparu. C’est certainement ce que beaucoup
croiront avec lui.
De son côté, M. le professeur J-R. Rahn, ne croit
pas que ces pierres aient servi de gonds.
Elles ne pouvaient être destinées selon lui à
supporter des portes extérieures, car le mur est privé
de battue dans laquelle elles auraient pu s’ajuster.
Il pense aussi que des portes de ce genre, s’ouvrant en
dehors sur une étroite ruelle, auraient été peu
pratiques.
Le savant professeur ajoute qu’il croirait plutôt
ces pierres destinées à servir de porte-flambeaux,
si l’ouverture en est oblique, ou qu’ayant appartenu
à une autre porte plus ancienne, elles ont été
transportées dans la maison actuelle.
Mais les pierres en question ne sont percées que par en
bas, ce qui détruit l’hypothèse émise
par M. Rahn.
Selon M. Louis Favre, la ruelle des Prisonniers dans laquelle
se trouvait la porte en question devait être le chemin de
ronde du château, chemin fermé autrefois par une
porte.