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De quelques noms de lieux du territoire de Boudry

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Pacota
Plan folio 39.

Pacota, Pacotes, 1883.

Dans l'ancien parler romand et actuellement encore en langage populaire, on appelle pacot une boue épaisse ou un bourbier. Ce mot est à l'origine de nombreux noms de lieux pour désigner des terrains marécageux ou fangeux.


Pâquier

Plan folio 85.

ou Pasquier, 1339; Pâquier, 1883.

Ce nom continue l'ancien francoprovençal pasquier, du bas?latin pascuarium et signifie pâturage.

Peleuses (Les)
Plan folio 32.

Peleuses, 1883.

C'est la variante locale de pelouse, dérivé du latin pilosus, signifiant poilu, velu, et s'appliquant à des prairies ou à des roches au gazon court.


Perreux
Plan folios 76. 77. 78.

Perrous, 1339; Perreux, Perruel, Perreul, 1441; Perreulx, 1545.

Dérivé du latin petrosus «pierreux, rocheux», ce toponyme désigne des terrains graveleux ou des sols parsemés de pierres.


Pervou (Le)
Plan folios 10. 11.

Perrevuel, 1339; Perrevou, 1602; Pervoux, 1819.

Les pierres, qui abondent dans notre pays, ont donné naissance à bien des noms de lieux. En voici encore un. Dans l'ancien parler local on appelait perrouet, perroyer, perrevoué, perrevuit, un monceau de pierres, parfois un éboulis. Pervou en est une variante.

Petite Borne
Plan folio 106.

Petite Borne, 1883.

Appliqué à une grande forêt de la Montagne de Boudry, ce nom ne peut pas signifier une pierre qui marque les limites. Il faut chercher son origine dans une base prélatine borna, dont le sens primitif est un trou; on le trouve dans d'autres toponymes tels que les nombreux Bornel. C'est donc une petite grotte, une petite crevasse, éventuellement une petite source, très plausible dans une montagne.


Petite Fin
Plan folios 98. 99.

Petite Fin, 1571.

Au sujet de Fin, nous renvoyons le lecteur à notre commentaire de l'article « Fin de Préel ». Celle dont il est question ici paraît plus restreinte que beaucoup d'autres, d'où son nom.


Place d'Armes
Plan folios 74. 75.

Place d'Armes, 1818.

C'est une prairie sur laquelle avaient lieu des exercices militaires et des revues de troupes. Elle est restée dans le souvenir populaire par une gravure de Baumann de 1828, représentant une inspection des milices neuchâteloises par un colonel fédéral.


Planchamps (Les)
Plan folios 61. 62.

ou Plan Champz, 1512; au, en, es Plan Champ, 1561; Planchamp, 1603.

Plan ou Plain signifie plat. Notre toponyme résulte donc de la topographie et du genre de culture de l'endroit.


Planches

Plan folios 83. 84.

Planches, 1339; Planche, 1441.

Dans le langage romand, une planche est un espace de terrain bien cultivé, en général plus long que large. Dans notre région, on utilise généralement ce mot dans l'expression « une planche fraîche », pour désigner un champ précédemment labouré, récemment «fermé», c'est-à-dire remis en prairie.


Plan de Py

Plan folios 78. 79. 109.

OU Plan de Pis, de Piz, de Pic, de Pich, 1441; Plam du Pir, 1545; Plan de Py, de Pyc, 1597.

Comme nous l'avons déjà exposé à l'article Planchamp, plan ou plain signifie plat. Contrairement à Planchamps où il était adjectif, il est ici substantif. On donne en général ce nom à un replat dans une pente. Py, Pic, est un nom de famille d'origine neuchâteloise attesté à Corcelles en 1568 et cité à Travers en 1579. Nous pourrions être en présence d'un terrain ayant appartenu à un nommé Py.


Plan des Cerisiers

Plan folios 111. 118.

Plan des Cerisiers, 1882.

Pour Plan, voir l'article précédent. Quant à Cerisiers, il indique la présence de tels arbres à cet endroit.


Plan des Fosses
Plan folio 111.

Ou Plam des Fosses, 1545.

Plan a été analysé ci?dessus. S'agissant des Fosses, on en comprend le sens. On voit aujourd'hui encore en ce lieu quelques fossés parallèles, qui ressemblent à des fouilles ou à des captages d'eau, et qui peuvent être à l'origine du toponyme.


Planeyse
Plan folios 32. 38.

Planeyse, Planese, Plancise, Planeysy, Planisy, Planesi, Planeis, 1339; Planyesy, 1480; Pianeyse, 1765.

Ce nom vient du latin planitia «la plaine», à travers l'ancien francoprovençal planeysy appliqué à une vaste étendue plane. On le retrouve à Bôle et à Colombier.


Plantées
(Les)
Plan folio 48.

la Plantaye, 1441; la Plantée, 1554; es Plantées, es Plantayes, 1597.

En langage viticole, une plantée est une jeune vigne, une plantation nouvelle de cépages ne portant pas encore de fruits.


Plat des Fies

Plan folio 106.

Plat des Fies, 1883.

Un plat, synonyme de plan, est un replat dans une pente. La fie est le nom local du sapin rouge ou épicéa.


Pologne
Plan folio 109.

Pré de la Pologne, 1883.

Ce toponyme est en relation avec l'émigration des Polonais en Suisse après les soulèvements et les répressions du XIXe siècle, en particulier en 1831, 1833 et 1863.


Pommière à Simon
Plan folio 48.

Pommière à Simon, 1883.
Ce nom, féminin de pommier, est le terme du parler traditionnel neuchâtelois pour désigner cet arbre. Avec le suffixe collectif?eta ?etum, il devient Pommeraie, Pommeret, Pommerat, pour s'appliquer à un verger de pommiers. Simon est un nom propre.

Pontareuse
Plan folios 96. 97. 100. 102.

Pontrousa, 1228; Ponterousa, 1257; Pontarousa, 1283; Pontherousa, 1299; Pontherosa, 1325; Pontarosa, 1339.

C'était à l'origine le pont sur l'Areuse de l'ancienne voie romaine, la Vy d'Etra, conduisant d'Yverdon à Bâle, dont nous traiterons dans un article ultérieur. Ce nom fut utilisé plus tard pour désigner l'église et les maisons construites à cet endroit, et qui devinrent le noyau d'une paroisse importante. Ce hameau était plus ancien que Boudry. Son église, mentionnée en 1228, a été démolie en 1647.


Potat

Plan folios 83. 84. 85.

Potat, Poctat, Poutat, 1441; Pottat, 1586.

C'est un nom patois qui signifie bourbier, creux, dérivé du radical pot d'origine germanique.


Praz

Plan folios 80. 81. 82.

Pra, 1339; Peau, Pray, 1441; Prel, Prat, 1597.

Il s'agit d'un pré ou d'une prairie. On trouve dans ce vocable une forme du patois local remontant au latin pratum.


Pré Agreda
Plan folio 116.

Pré Agreda, 1883.

Cette dénomination résulte de la soudure de la préposition avec le nom propre. Sa graphie exacte devait être «Pré à Greda». La deuxième partie, Grede ou Greda est un patronyme cité à Boudry en 1431, 1473, 1554.


Pré aux Clées
Plan folio 112.

Perreta des Clées, 1339; Cloye, Cleyes, Clayes, 1441; Clée, 1782.

Clée correspond au français claie, en patois klaya, cheya, klia, du baslatin cleta, clita, signifiant une barrière, une palissade. On le retrouve dans le mot clédar d'origine provençale. Le Pré aux Clées était jadis une véritable prise, entouré de barrières et de petits murs, aujourd'hui une clairière. Perreta des Clées en était probablement la tenancière.


Pré Dernier

Plan folio 119.

au Pré Derrier, 1602; Pré Derrière, 1754; Prés Dernier, 1883.

Dans nos anciens patois, dernier est synonyme de derrière ou de en arrière. Il est employé indifféremment comme adjectif, préposition ou adverbe. Il s'applique bien ici à un petit pré éloigné, caché dans la forêt au bord de l'Areuse, au?delà du Champ du Moulin.

Pré Landry
Plan folio 49.

ou Pray Landri, eix Prel Landri, 1441; Pray Landry, 1545.

Voilà un nom bien évident qui dispense de tout commentaire. La famille Landry, originaire des Verrières, est connue dès le XIVe siècle.


Prise de Pierre
Plan folio 112.


Prise Bertin

Plan folio 61.


Prise du Merdasson (La)
Plan folio 62.

Prises aux Mores
Plan folio 55.

D'une manière générale, une prise est un terrain pris en acensement du seigneur pour être défriché et cultivé. Plus spécialement au milieu des forêts, tous les paliers, terrasses, petits bassins, où se trouvent des marnes et des sources, ont été défrichés dès longtemps et sont devenus des terrains agricoles que l'on appelle des prises, soit des bien-fonds pris sur la forêt. Il en existe un grand nombre sur le territoire de Boudry. Outre celles qui portent directement le nom de prise, il y en a d'autres telles que le Pré de Treymont, Le Pré aux Clées, Le Pré Agreda, la Fruitière, etc.
Les déterminants « de Pierre » et « Bertin » sont des noms propres; «Merdasson» est le ruisseau voisin; Les «Mores» ou «Maures» sont des foncières ou mûriers sauvages. More ou Maure est aussi un nom propre ou un sobriquet pour désigner un homme brun comme un Arabe.


Prisettes (Les)
Plan folio 52.

Le Prisettes, 1883.

C'est naturellement le diminutif de prise.


Puries
Plan folio 114.

la Purriaz, 1464; la Pourrye, es Pourries, la Pourria, 1555; Puries, 1598; Pouria, 1606; Pouries, 1688.

Dérivé du verbe pourrir, du latin populaire putrire « se décomposer », ce mot désigne des terrains humides, des rocs qui se désagrègent. Il est bien en place dans les gorges de l'Areuse, à un endroit où se produisent de fréquents éboulements.

 
 

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