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Baconnière,
1882, On
trouve dans ce nom le féminin d'un mot patois, correspondant
au valaisan baconi, désignant une personne qui mange beaucoup
de lard. Le mot est dérivé de l'ancien français
bacon signifiant lard. Le baconnier était celui qui vend du bacon,
c'est-à-dire le marchand de lard. Baconnière résulte
donc d'un nom propre ou d'un sobriquet.
Baillades
Plan folio 52.
La
Bailloda, 1597. Il
s'agit ici du féminin de Baillod, nom porté par des familles
neuchâteloises originaires de Travers, Gorgier et Saint-Aubin.
Le patronyme Baillod est dérivé lui-même de bail,
dont baille est une variante, avec le sens de gouverneur, tuteur, intendant.
Il a la même racine que bailli.
Bandières
(Les)
Plan folio 23.
La Bandière, 1441.
Le
mot bandière est une ancienne variante de bannière. Il
peut être une allusion à la forme du terrain ou désigner
la propriété d'un banderet ou banneret.
Bataillard
Plan folios 99. 101.
Bataillards,
1441; Baptaillart, 1545; Batallard, 1720. On
raconte que les Confédérés se rendant à
Grandson en 1476 se reposèrent sous un poirier et, qu'avant de
se mettre en marche, ils s'agenouillèrent à son ombre
pour y implorer Dieu. Le souvenir de cet événement aurait
été conservé dans nos populations, de là
le nom de Bataillard. Il s'agit évidemment d'une légende,
puisque le toponyme apparaît dans les textes bien auparavant.
En réalité, bataillard se dit en Suisse romande pour batailleur
et le lieu-dit doit probablement son nom à un ancien propriétaire
ou tenancier ainsi surnomme.
Batterottes
(Les)
Plan folios 65. 66.
Batterottes,
1882. Cette
dénomination remonte probablement au patois batyoreta dont le
masculin battioret est connu en français régional. On
trouve la forme batturet à Neuchâtel dès 1695. Elle
désigne un moulin situé au bord de l'Areuse, où
l'on bat le chanvre pour le réduire en filasse. Les moulins utilisaient
une force motrice et se trouvaient toujours installés au bord
d'un cours d'eau.
Bel-Air
Plan folio 34.
Bel-Air,
1882. Ce
vocable, très répandu dès le XVIIIe siècle,
désigne certaines maisons particulières isolées.
Belmont
Plan folios 86. 87. 88.
Bellemont, Belemont, 1339; Bellemon, 1428; Belmont, 1441.
La
traduction littérale de Belmont est un beau mont. Le toponyme
Belmont actuel, soit Beaumont, ne s'applique pas à un mont, mais
correspond à un lieu qui s'étendait jadis jusqu'au coteau
rapide dominant l'Areuse. Nous avons trouvé une citation «
Au Bellemont dit à Vaulaneux». L'étendue désignée
par un nom de lieu pouvait varier.
Beluet
Plan folios 111. 115.
Beluet,
1818; Bellyuet, 1883; Beluet, 1901. C'est
un passage assez remarquable de la route de Treymont, où la chaussée
est taillée dans le rocher, d'un côté dominée
par une paroi verticale et de l'autre côté surplombant
le vide. De cet endroit on jouit d'une vue étendue sur les gorges
de l'Areuse.
Il faut décomposer ce nom en bel et luet. Bel est clair. Luet
pourrait être la forme patoise de lieu. On peut le rapprocher
de Vauluet, autre nom de lieu de Boudry, actuellement oublié.
Il est comparable au vieux français beluar qui désigne
un boulevard, une terrasse, un bastion.
Bergeresse
Plan folios 98. 99. 100.
Bergeresses,
1339; Bergerece, 1455. Ce
terme est de la famille de berger et de bergerie. Il signifiait
donc à l'origine un bercail, un parc à moutons. Il est probablement
dérivé du bas-latin berbicaritia «lieu où
l'on parque les moutons».
Bettefontaine
Plan folio 111.
Betefontainne,
Bethefontainne, 1441; Betefontayne, 1509; Bettefontaine, 1587. Dans
les textes anciens, fontaine et font ont en général le
sens de source. Quant à bette, c'est une expression de la famille
du patois betai « boue, fange, bourbier, flaque d'eau »
ou betaire « endroit bourbeux, fondrière», dérivés
tous deux du radical bett «creux, boue». Bettefontaine
serait ainsi la source boueuse.
Biolley
Plan folios 63. 113.
Biollet,
1512; Biolley, 1545. Ce
nom est très répandu en Suisse romande. Il émane
du patois biola et biole signifiant le bouleau, dérivés
eux-mêmes du gallo-latin betulla avec le même sens. Le radical
est complété par le suffixe -etum indiquant le lieu où
croissent les arbres et qui a formé les terminaisons -et -ay,
que l'on retrouve dans les noms Chanet, Tremblay, Tombet, Theyeret.
Blancherie
(La)
Plan folio 35.
Blancherie,
1882. Cette
dénomination est le vieux français de blanchisserie, c'est-à-dire
l'endroit où l'on étendait les tissus pour les faire blanchir.
Elle se Justine à proximité des manufactures d'indiennes
des Iles et de Grandchamp, qui avaient besoin de grands espaces pour
l'étendage et le séchage des toiles.
Blanchette
(La)
Plan folio 65.
Blanchette,
1691. On
appelle ainsi une série de plantes d'aspect blanchâtre,
en particulier un plan de vigne dont le bois et les feuilles sont blanchâtres,
et le chèvrefeuille à écorce blanche. Nous sommes
donc en présence d'un parchet où croissaient de tels végétaux.
Il est peu probable que ce toponyme provienne d'un nom de famille tel
que Blanc ou Blanchet.
Boël
Plan folios 24. 26.
Boel,
1441; Bouel, 1545; Boez, 1597. Linguistiquement,
on trouve dans cette expression la forme indigène du français
boyau. Employée sans article, elle est donc très ancienne
et ne se rapporte pas nécessairement à une chose. C'était
probablement le nom ou le sobriquet d'un homme. Boël était
le surnom du tripier.
Bois
des Creux
Plan folio 78.
Bois
des Creux, 1882.
C'est un petit bois dont le sol a été remué par
des terrassements et qui reste, aujourd'hui encore, chaotique.
Bois du Four
Plan folio 105.
Bois
du Four, 1882. Cette
forêt, située dans le flanc de la montagne de Boudry, au-dessus
de celle dénommée la Charbonnière, abritait un
four à charbon de bois.
Bras de Mar
Plan folios 43. 44.
Bras
de Mar, 1882. Le
premier terme désigne probablement le bras d'un cours d'eau,
le second une mare ou un marais. L'endroit se trouvant dans le vallon
du Merdasson, on peut admettre qu'il était arrosé par
un filet d'eau formant un marécage.
Brassin
Plan folios 38. 39. 42. 43.
Bracim,
Bracins, Brancins, (possessions tenues avec d'autres par: Perrussona
reliera Johannis de Bracim, Willerma Fila Girardi de Bracim burgensis
de Boudri et Cono filins Waignierre de Bracim), 1339; Bracin, Brassin,
1512. Ce
nom est proche parent du précédent. L'endroit est traversé
par un ruisselet appelé le Petit Merdasson que l'on peut considérer
comme un bras du Grand Merdasson.
Brûlée
(La)
Plan folio 118. Brelaie,
1736; Brulée, 1882. Il
y eut partout et de tous temps des incendies. L'un d'eux avait
sans
doute dévasté un secteur de forêts qui conserva
le nom de Brûlée.
Buchilles
Plan folios 71. 72. 73. 74.
Buchille,
Buchillie, 1441; Buchicille, 1597. Ce
mot, dérivé de bûche, désignait des éclats
de bois, des copeaux, de gros bardeaux. Situé en bordure d'une
route importante et au pied des grandes forêts de la Montagne
de Boudry, c'était probablement le lieu où l'on entreposait
le bois, où on le travaillait, une sorte d'atelier de charpentier.
Bûchille vient du latin busca, même sens, par le suffixe
-icula.
Buges
Plan folio 112.
Buges,
1819. Ce
vocable correspond au patois boedje désignant en général
une écurie, une étable. Mais, dans la toponymie neuchâteloise,
bouge ou buge signifie une profonde fissure, un couloir, une cavité
dans le rocher. Ce sens est tout à fait indépendant du
précédent, bien que le mot soit le même. Il s'agit
en effet de la région rocheuse des gorges de l'Areuse où se
trouvent des crevasses et des cavernes, en particulier les grottes
bien connues de Cotencher, du Chemin de Fer, du Four et de Vert.
Bugnons
Plan folio 33.
Bugnon,
1339; Bougnon, 1432; Boignyon, 1441; Bugnion, 1530; Bugnom, 1545; Boignon,
1597. Ce
toponyme est très répandu en Suisse romande. Il signifie
en patois une source jaillissant à fleur de terre que l'on ne
peut pas utiliser comme fontaine, en raison de son niveau trop peu élevé,
éventuellement un puits. Cette étymologie concorde avec
la réalité. Il existe encore actuellement à cet
endroit une source dont les eaux s'écoulent dans un bassin au
niveau du sol, au milieu d'un bouquet d'arbres.
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