|
|
|
Philippe
Suchard né à Boudry le 9 octobre 1797, à
la rue
Louis-Favre No 7 ; appartenait à une famille
de réfugiés
français (Révocation de l'Edit de Nantes)
originaires du Dauphiné.
Il fut un homme d'initiative, énergique et entreprenant.
Agé de 12 ans, le jeune Philippe Suchard entre dans une
pharmacie de Neuchâtel et y achète une livre de chocolat
pour sa mère malade. Ce précieux fortifiant coûte
6 francs, ce qui correspondait alors à trois salaires quotidiens
d'un ouvrier ! En 1814, il fut envoyé en apprentissage
chez son frère, confiseur à Berne, et y apprit le
secret des biscômes traditionnels.
Ici se place une piquante anecdote que nous empruntons à
l'intéressante biographie du père Suchard, publiée
par M. J. S
Le jeune apprenti revenait de loin en loin voir ses parents à
Boudry. C'était par un beau dimanche d'été.
Il était parti de bonne heure de Berne et arrivait à
Neuchâtel à l'heure où les cloches sonnaient
l'office du matin. Or, dans ce bon vieux temps et dans cette bonne
ville, il était d'usage de fermer pour les voitures les
portes d'accès pendant la durée du service religieux.
Les étrangers seuls avaient le privilège de traverser
la ville. Le jeune ouvrier n'a pas de peine à se faire
passer pour un Bernois, et le voilà bientôt hors
de la Porte
du Château. Derrière cette porte, maugréant
et pestant contre la longueur du sermon était un brave
paysan avec sa voiture.
--Go grüsse! fait le jeune homme, toujours dans son rôle
de Bernois.
--Bonjour! répond le vieux, d'un air maussade.
Arrivé à Boudry:
-- Et le père? demande Suchard.
-- Le père! mais il est allé à ta rencontre
à Neuchâtel.
Le soir, tout s'explique. Père et fils ne s'étaient
pas reconnus; mais ce qui vexait surtout le premier c'étaient
ces malheureuses portes fermées. « C'est ça
! grommelait-il, le Mutz aura toujours le pas sur nous ! »
Après avoir étudié l'allemand, l'italien
et l'anglais, il part aux Etats-Unis en 1824. Il revient en fin
d'année pour ouvrir une confiserie à Neuchâtel
à la rue des Halles. Enfant de Boudry, il voulut y établir
son industrie chocolatière, à l'actuel Faubourg.
Philippe Suchard ! Mais il essuya un refus et s'établit
en 1826, à Serrières, où il fonde une chocolaterie
primitive. Avec un seul employé, il produit déjà
25 à 30 kilos de chocolat par jour.
Il a créé la Société des Gorges
de l'Areuse.
Dans sa maison du Pré-aux-Clées, il distribuait
généreusement du chocolat aux visiteurs. Les personnes
qui lui faisaient un don, trouvaient leur nom sur la liste de
souscription de la Société des Gorges de l'Areuse.
|
|
|
|
|
|
 |
|
Grand
réalisateur, Philippe Suchard fit construire en 1834, par
la maison Cavé de Paris, un bateau à vapeur: l'Industriel
qui fit service régulier jusqu'en 1847 et dont il fut le
capitaine. Il avait même conçu un projet de canal
qui devait relier St Blaise à Cornaux au lac de Bienne.
Ce plan échoua.
Il chercha en 1837 à introduire l'élevage du ver
à soie et planta 3000 mûriers.
La société des mines d'asphalte du Val-de-Travers
fut fondée en 1840 sur son initiative et il devint administrateur
des mines d'asphalte de La Presta. C'est à lui qu'on doit
le premier revêtement d'asphalte d'une chaussée au
monde ; celui de la traversée de Travers.
A Solferino en 1859, nous le voyons accompagnant un médecin
sur les champs de batailles pour soigner les blessés.
En 1872, à 75 ans, Philippe Suchard entreprit un voyage
autour du monde, réalisant ainsi le rêve de sa vie.
A son retour il publie un livre plein d'intérêt :
« Le Tour du monde en grande vitesse » ( 1875 ).
Il meurt le 14 janvier 1884. |
|
|
|