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Dessins, cartes
postales, croquis d'Oscar Huguenin
Imagier
du pays de Neuchâtel ( 1842 - 1903 )
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Pour
brosser cette vue désormais historique - le pont
à trois arches de 1842, déstabilisé par
les crues de la rivière, a été remplacé
en 1991 par un nouvel ouvrage d'art - Oscar
Huguenin s'est placé en aval dudit pont.
Il est défendu au nord par les escarpements taillés
par les érosions de l'Areuse,
et au sud par le ravin du ruisseau des Sagnes. La tour
Marfaux s'élève au point où
la défense naturelle fournie par l'Areuse devient insuffisante,
et où les toits des maisons se trouvent, en raison
de la pente, au niveau du sol. En toile de fond, nimbée
de cumulus menaçants chassés par le vent du
nord-ouest, la Montagne de Boudry.
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Sur cette carte, au quatrain de Philippe Godet fait écho
le spirituel dessin d'Oscar Huguenin ;l'un et l'autre font allusion
aux surnoms donnés aux Boudrysans : les Traîne-bâtons,
les Traîne-sacs ou les Traine-moles (niole = brouillard)
; comme ceux de Blanche-Neige, les nains, mettant dans des sacs
les nuages laissés par la fermeture des trois manufactures
d'indiennes - naguère si prospères
- de Vauvillers, des Isles et de Grandchamp, participent à
une résurrection: celle de l'industrie locale, «
si riche d'espérance » grâce à l'implantation,
en 1860, de la fabrique de draps et milaines de Jean Gygax-Vioget
et, en 1882, de la fabrique de chapeaux de paille, transférée
de Neuchâtel par la maison Thiébaud.
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Au
premier plan, le vigneron
allant cultiver son parchet est armé de sa houe á
deux pointes de 14 à 15 pouces de longueur, dite aussi
fossoir à double bec, bident, croc ou hoyau, pour «
sombrer » la terre, c'est-à-dire opérer
le premier labour printanier. Au dos, il porte un « oiseau
» ou une hotte en osier, utilisés pour le «
remontage » du sol raviné ou lors du « râblage
», soit du raclage des mauvaises herbes.
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A
mi-chemin de la charrière bordée de pins sylvestres
qui conduit aux métairies (domaines agricoles exploités
selon le système du métayage) Amiet, Bindith
et Montandon, à 550 mètres d'altitude environ,
sur les contreforts de la Montagne de Boudry Oscar Huguenin
a planté son chevalet pour composer une de ses meilleures
toiles. D'avant en arriére, six plans se succédent:
les prairies déclives descendant vers le bourg boudrysan
; le château, la tour Marfaux et quelques toits du chef-lieu
de district, les hauts encore non construits de Cortaillod
(Aux Pales, Au Clavaz, Les Os et Champs Fallet), traversés
de nos jours par le chemin des Polonais, créé
par des soldats d'une division polonaise internée en
Suisse en juin 1941, qui ont participé à un
remaniement parcellaire sur le territoire communal durant
leur séjour forcé dans notre pays; le village
des Carcoies ; le lac de Neuchâtel; et la rive sud,
entre Portalban et Estavayer, dominée par des nuages
accrochés à la chaîne des Alpes.
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Pour
animer cette huile de la tour Marfaux (à gauche) et
du château
(à droite), vus du nord-est, et pour souligner la vocation
viticole de Boudry, Oscar Huguenin a judicieusement placé
au premier plan de sa toile deux vignerons en train de «
tailler une bavette» (bavarder) au gré d'une
pause revigorante.
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«
Le gazon qui, de loin, présentait une teinte uniforme,
était semé d'une multitude de taupinières,
plus ou moins récentes, disposées en groupes irréguliers
ou en lignes sinueuses. Parmi ces archipels de monticules rejetés
de l'intérieur de la terre par une armée de mineurs
invisibles, un nombre incroyable de baguettes de coudrier étaient
solide-ment plantées, courbées en arc vers le
sol, l'extrémité libre retenue par une ficelle.
C'étaient des pièges à mulots et l'homme
aux allures étranges n'était autre que le taupier
de la commune, dans l'exercice de ses fonctions. J'ai toujours
eu une sympathie toute particuliére pour les pêcheurs,
les chasseurs, les bûcherons, les taupiers, nos trappeurs
indigènes; ils sont doués souvent d'une originalité
prononcée, ayant beaucoup observé, beaucoup ruminé
durant leurs longues stations solitaires (...). - Il y a du
mulot, l'année est bonne. J'en prends deux, trois, quatre
à la file, à la même trappe. Vous verrez,
nous allons les relever; c'est la moisson du taupier ; on me
les paye 20 centimes la pièce» (Louis
Favre, La Fille du taupier, 1905). |
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Le
château lui-même n'a pas l'aspect militaire qui plaît
aux romantiques; les fossés ont disparu, on y cherche en
vain des barbacanes, des poternes, des mâchicoulis; c'est
une grande demeure, peu commode et sans caractère. La tour
ronde qui flanque l'angle S.O., sa cour fermée et sa situation
au sommet d'une colline, le rendent quelque peu remarquable. La
Bourgeoisie l'a possédé depuis 1752, mais en a fait
rétrocession à l'Etat en 1823. Ed. Quartier-la-Tente,
lui, est plus élogieux dans Le district de Boudry, 1912:
« Le château, tel qu'il existe aujourd'hui, forme
un long parallélogramme de l'Est àl'Ouest. Une belle
tour ronde, élevée et élégante, au
toit aigu, flanque l'angle occidental de la façade sud.
Tout l'édifice féodal a un cachet pittoresque (...).
S'étalant en plein soleil, dans une riche et belle nature,
le long de la ligne de faîte de la colline, dominant, au
nord l'Areuse, au sud la ville, il complète si superbement
le paysage que, décidément, sans son vieux manoir,
si abandonné qu'il soit aujourd'hui, Boudry ne serait plus
Boudry».
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Au
débouché de la Combe aux Epines, en amont de l'usine
électrique de Combe Garot, le pied du versant
nord des gorges de l'Areuse, entre la voie ferrée du
Franco-Suisse et le cours d'eau, offre aux promeneurs une curiosité
naturelle, porteuse d'un nom biblique: la Femme de Lot. Il s'agit
là d'un piton rocheux de calcaire.L'imaginaire populaire
a tôt fait d'établir un parallèle entre
ce monolithe et la statue de la nièce par alliance d'Abraham,
pétrifiée en sel pour avoir jeté un regard
rétrograde sur les villes de Sodome et Gomorrhe, détruites
par le soufre et le feu au sud de la mer Morte.
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A
un peu plus d'un kilomètre de l'embouchure de l'Areuse,
le hameau boudrysan de Grandchamp a un riche passé que
P Bovet a ressuscité en 1965 dans son livre Un siécle
de l'histoire de Grandchamp entre la fabrique et la communauté
spirituelle. Les vers d'Oscar Huguenin rappellent á bon
escient qu'on y a soigné, instruit et guidé tour
à tour jeunes et vieux. Simultanément ou successivement,
ses divers bâtiments ont hébergé un hôpital-hospice
pour malades et orphelines, mué en asile pour incurables
(1856-1935); un établissement d'éducation pour jeunes
filles (dès 1815); un établissement d'éducation
professionnelle de garçons (1851-1892) ; une Ecole normale
évangélique libre (1866-1873), transférée
ensuite au château de Peseux jusqu'en 1907; une pension,
dite de l'Aile, pour institutrices en retraite ou au chômage
(1866-1875); un établissement évangélique
d'éducation pour jeunes filles espagnoles, dite l'Andalouse
(1868-1874) ; un séminaire pour maîtresses d'écoles
enfantines, dite école Jolberg (1874-1880) ; et une école
secondaire pour les éléves de Boudry et de Cortaillod
(1876-1967).
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Avec
un incontestable talent de paysagiste, Oscar Huguenin a restitué
ici, à la limite des communes de Boudry et de Cortaillod, le
charme agreste du cours inférieur de l'Areuse, un peu plus
d'un kilomètre avant son embouchure dans le lac de Neuchâtel.
A gauche, au premier plan, une partie de la plaine d'Areuse avec les
lieux-dits Les Planches, Prés des Esserts, Prés Gaillard,
Paquerat, Regueulaz et Gore aux Chévres, et, au second plan,
la Montagne de Boudry, prolongement oriental de
l'anticlinal Soliat-Creux du Van. A l'arriére-plan, la crête
et le versant méridional de l'anticlinal Solmon-La Tourne-Mont
Racine.
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