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Noble
et prudent sieur David Guinand, maire de Colombier, bourgeois
de Neuchâtel et de Valangin ; est comparu en la maison
de ville de Boudry par devant les sieurs Maîtres
Bourgeois et le conseil de la ditte ville qui y estait
assemblée. Auxquels il a représenté qu’il
désire d’establir une manufacture de soye sur son
bien des Prés d’Areuze qui est dans le territoire
de Boudry, pour ce qu’il lui est nécessaire de planter
environ deux Mil pieds de Meurier Blanc, pour avec la feuille
d’y ceux nourrir des vers à soye, mais que pour estre
plustôt venus il est nécessaire de fermer toute la
terre qu’il a aux dits prés d’Areuze proche
sa Maison, ce qu’il ne peut faire sans la permission de
la Bourgeoisie de Boudry à laquelle appartient le droit
de pâturage, priant et requerrant qu’il plût
à la ditte Bourgeoisie de lui amodier pour le terme de
neuf ans tout le droict qu’elle a de pâturer le bestail
du dit Boudry sur son bien dit. Ce qu’ayant esté
mis en délibération et après avoir considéré
que mon dit sieur Maire a vescu paisiblement avec toute la bourgeoisie
et lui a toujours témoigné beaucoup d’amitié
et de bienveillance : il s’est passé qu’on
lui passera amodiation pour le dit terme de neuf ans commenceant
à Aujourd’hui et aux conditions suivantes, lesquelles
il a agrée avec remerciement.
Premièrement qu’il laissera à tous les bourgeois
de Boudry des meuriers blancs raisonnablement.
Qu’il laissera la rue libre pour y passer avec le char comme
par le passé.
Qu’il laissera raisonnablement de sa terre proche les barres
qu’il fera, pour que ses voisins puissent labourer les champs
qui joignent son bien.
Qu’il quittera pendant le dit tems tout le droit qu’il
a de pasturer ses bêtes sur le territoire de Boudry.
Qu’il paiera pour chaque an durant la présente la
somme de 18 écus petits à la dite Bourgeoisie, laquelle
se rabattra par un chacun des dits neuf ans tant sur le sens que
sur le principal de l’obligation que la ditte ville lui
doit, mais il pourra jouir en outre de l’herbe des Rues.
N.B
: la pièce ci-dessus a été copiée
dans les Manuels de la bourgeoisie de Boudry.
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