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D’après
les procès-verbaux de cette commune
La
révocation de l’Edit de Nantes par Louis XIV,
en 1685, obligea, comme on sait, un assez grand nombre de
protestants français à chercher un refuge en
Suisse. Dans les années qui suivirent cet événement,
des catholiques ayant embrassé la Réforme vinrent
aussi y demander un asile, afin d’échapper aux
persécutions dirigées contre eux par leurs anciens
coreligionnaires. Ces derniers venus étaient connus
sous le nom de prosélytes. Pour pouvoir s’établir
dans nos villes et villages, ces réfugiés et
ces prosélytes étaient obligés d’en
demander l’autorisation aux Communes, qui s’empressaient
de les recevoir au nombre de leurs habitants ; c’est
ainsi que l’on appelait les personnes non bourgeoises
d’une Commune. Boudry,
comme beaucoup d’autres localités du pays, eut
aussi sa part d’émigrés.
Voici les noms de ceux qui furent reçus dans cette ville
comme habitants, avec la date de leur arrivée :
1700. Daniel Champ, maître tanneur, qui loua une tannerie
appartenant à la bougeoisie en 1707, pour la somme de
douze livres par an.
1706. André Bonnet.
1706. Guillaume Belon, beau-fils du précédent.
1715. Jean Morrel, avec toute sa famille, venant de Castres.
1727. Pierre Pets.
1732. Giberne, reçu habitant sur la recommandation de
M. le trésorier et conseiller Le Chambrier.
1732. Gabriel Soujon et sa femme Jeanne Baltard, prosélytes
d’Habers, dépendance de Thonon, en Savoie. Ce Soujon
devint boulanger et fit de bonnes affaires, ce qui excita la
jalousie d’un concurrent, bourgeois de la ville.
1743. Jean Mara, prosélyte de Cagliari de l’île
de Sardaigne, père du célèbre Marat.
Il y eut certainement encore plusieurs autres réfugiés
et prosélytes à Boudry, mais comme les registres
communaux de cette ville n’en font pas mention, on peut
supposer qu’ils n’y séjournèrent pas
longtemps.
La Commune de Boudry secourut divers réfugiés
demeurant dans d’autres localités, entre autres
un certain Ricard, à Cortaillod, et un nommé Pierre
Nal, « auquel on avait fait un vol considérable
».
Elle envoya aussi de l’argent aux églises protestantes
persécutées et surtout à celle de Cologne,
pour laquelle on fit aussi une quête à Boudry.
En
1713, un certain nombre de protestants français, mis aux
galères pour cause de religion, ayant réussi à
s’échapper, ils vinrent se réfugier à
Neuchâtel. Cette ville s’étant chargée
d’entretenir à elle seule, leur vie durant, une partie
de ces malheureux, d’autres Communes de la Principauté
se chargèrent de subvenir à l’entretien des
autres ; Boudry fut du nombre de ces Communes charitables, et
s’engagea à donner une somme annuelle pour cette
bonne œuvre.
Plus tard, nous assistons à l’exode des Vaudois
du Piémont, et de nouveau la bourgeoisie
de Boudry contribue à les secourir.
Les gouverneurs des Communes citées par le châtelain
de Boudry, ayant été convoqués à l’hôtel-de-ville,
ils apportèrent l’adhésion de leurs Communes
aux propositions de la bourgeoisie.
Le
21 mars 1731, en bourgeoisie, on a lu et approuvé le convenant
fait hier par les sieurs maistres-bourgeois avec les gouverneurs
de Cortaillod, Bevaix, Bolle, Collombier et Areuza, par lequel
on s’est chargé d’entretenir un Vaudois, Boudry
pour un quart, Cortaillod un quart et les autres communes l’autre
moitié. (On a approuvé) et passé 39 batz
de dépense (faite à la maison de ville) pour avoir
fait boire un coup aux gouverneurs des dites communautés. |
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