De
vraies cartes postales illustrées, enfin autorisées par la Régie des
Postes, mais le dos réservé exclusivement à l'adresse
du ou de la destinataire, d'où salutations, bons baisers et
signatures au bas de l'image! Une porte chichement ouverte sur un
brillant avenir!
Enfin, pour Oscar Huguenin, c'est l'occasion à saisir, une première
du genre peut-être. Chaque commune aura sa carte, son ou ses images
représentatives, un quatrain parfois emprunté à Philippe
Godet, plus taquin que méchant, surtout s'il est arrangé ou écrit
par Oscar Huguenin. Et n'allons pas oublier les armoiries! C'est l'occasion
de les faire connaître et de se faire connaître, d'inviter
les voisins à la fête, de vanter les qualités et
les produits de chacune, de risquer quelque goguinette pour égayer
les retrouvailles! Philippe Godet, qui avait composé une soixantaine
de ces mini-poésies, disait vouloir en faire un guide neuchâtelois
de bon voisinage et d'amitié pour la visite du pays. Projet réalisé quelques
années plus tard dans son Neuchâtel pittoresque. La publication
des cartes de 1898 s'inscrit donc dans une politique de rassemblement.
Oscar Huguenin mobilise le meilleur de ses talents et les meilleurs collaborateurs
: la gravure reprise par V Attinger, l'impression chez Delachaux & Niestlé.
Si la zincographie est toujours utilisée pour faire de la simili-gravure,
elle retrouve ici la fermeté du trait des « burinistes » toujours
considérés comme les maîtres de l'estampe. Si vous
en doutez, prenez une loupe, vous ne pourrez qu'admirer la maîtrise
du trait, la souplesse et la grâce de la main du préparateur
du cliché.
Devenues fort rares, ces cartes font le bonheur des collectionneurs,
comme les timbres-poste ou d'autres objets fort bizarres.
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