| |
|
|
L’église paroissiale de Pontareuse vit successivement
s’élever des chapelles dans sa circonscription ecclésiastique
ou dans son voisinage, et d’abord la chapelle située
dans le centre même de la ville de Boudri, qui agrandie
en 1647 est devenue le temple actuel.
Nous ne savons rien sur l’époque de la construction
de cette chapelle, dont l’érection s’explique
aisément par l’agrandissement du lieu, qui date du
temps du règne du comte Louis.
C’est l’âge auquel le style architectural de
la dite chapelle, style gothique du XIVe ou XVe siècle,
paraît faire remonter cet édifice.
C’est le résultat auquel on arrive si l’on
examine avec quelque attention la voûte d’un fort
beau style formant le chœur de l’église actuelle,
ainsi que les fenêtres, autrefois garnies de cordons de
pierre encadrant des vitraux peints.
Il est fait mention de cette chapelle à l’occasion
des débats qui surgirent à l’époque
de la Réformation, où il fut un instant question
de partager les deux temples entre les deux confessions, de donner
celui de Boudry aux partisans de l’ancien culte, celui de
Pontareuse aux réformés.
Du reste, elle n’est mentionnée dans aucun des documents
que nous avons eus sous les yeux ; mais ce qui vaut mieux, elle
subsiste encore, ayant survécu à l’église
de Pontareuse, dont il ne nous reste plus que l’emplacement
et pas même des ruines.
Si Boudry eut de bonne heure sa chapelle pour le peuple et en
particulier pour les vieillards que leurs infirmités empêchaient
de se rendre à Pontareuse, le château de Boudry eut
aussi la sienne à l’usage du comte, de la comtesse,
de ses nobles dames, ou de l’officier qui l’y remplaçait.
Ici nous n’avons pas, il est vrai, pour nous l’attester,
les murs encore debout de cet édifice, nous avons en vain
cherché dans l’enceinte de l’antique château
quelques vestiges de sa chapelle.
Mais nous possédons un document écrit du XIVe siècle,
qui nous en affirme l’existence. Ce document est un mémoire
détaillé de l’an 1378 dans lequel Isabelle,
comtesse de Neuchâtel, expose devant des arbitres les griefs
qu’elle a contre Jaques de Vergy, et contre Marguerite,
dame de Wufflens, sa femme, celle?ci la dame de Boudry, de néfaste
mémoire.
Dans la longue énumération des objets sur lesquels
se portent les réclamations de la comtesse Isabelle, et
dont sa belle-mère Marguerite s’était injustement
mise en possession, se trouve indiqué tout l’ornement
de la chapelle du château de Boudry « valant avec
un grand écrin» plein de plusieurs bonnes reliques
dignes et vertueuses, et plusieurs autres reliquaires d’argent
qui y étaient déposés, plus de 1400 florins,
somme considérable pour le temps.
Non seulement les trésors des abbayes, des cathédrales
et même des églises paroissiales possédaient
un grand nombre de reliquaires, plus ou moins riches et grands,
mais les oratoires des princes ou des seigneurs, et en particulier
ceux des châteaux en étaient garnis.
Quoique Areuse ne fit pas partie de la paroisse de Pontareuse,
c’est ici le lieu de dire quelque chose de la chapelle de
Notre?Dame d’Areuse, d’une origine très ancienne,
et qui a été confondue avec l’église
de Pontareuse par des personnes du reste très versées
dans l’histoire.
Le village d’Areuse, soigneusement distingué de la
rivière du même nom se trouve mentionné dans
divers titres de très vieille date.
Un acte de 1178 en parle sous le nom d’Oruse. Guillaume
de Bellevaux donne 13 sols de cens au chapitre de Neuchâtel
le 2 de mars 1383 pour qu’il célèbre l’anniversaire
de feue Isabelle, sa mère, et les assigne sur toute la
dîme du territoire d’Areuse qu’il tenait en
fief de Pierre de Vaumarcus.
Mention est faite de la même localité à l’occasion
d’un différend entre Rodolphe, comte et seigneur
de Neuchâtel, et Pierre d’Estavayer, au sujet de la
pêche de l’Areuse et de l’avouerie sur le village
de ce nom, mardi avant les Rameaux 1311.
Le village d’Areuse déjà érigé
en commune l’an 1356, est parfois désigné
sous le nom d’Oruse et aussi sous celui de Crouse. Il dépendait
quant au spirituel de l’église de Colombier.
Nous voyons en effet en 1318 prélever dans cette localité,
ainsi que dans les autres de la paroisse, la dîme de St.-Etienne,
en faveur de l’église de Colombier, dédiée
à St.-Etienne.
Une chapelle s’élevait dans cet endroit, la tradition
en a transmis le souvenir jusqu’à nous.
En fait de donations accordées à la chapelle de
Notre-Dame d’Areuse, nous n’en avons pas d’autres
à enregistrer que celle que lui fit un personnage déjà
nommé à l’occasion de son legs à l’église
de Pontareuse, Jeannin dit d’Avernier, qui après
avoir demandé une place pour son corps dans l’église
de Colombier, lègue pour le remède de son âme,
entr’autres à la chapelle d’Areuse (de Aurosâ)
trente deniers pour une fois.
Le testament déjà cité est du 10 avril 1349.
Une tradition prétend qu’il devait y avoir aussi
une chapelle près de Grandchamp. Ne possédant point
de renseignements positifs à ce sujet nous nous bornons
à mentionner le fait.
|
|