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Incident dans la bourgeoisie
(suite2)

   
 
duchesse de Nemours  

Messieurs les Maîtres-Bourgeois et Conseil de cette ville,

« Les garçons et jeunes mariés de Boudry au nombre de vingt, exposent avec tout le respect qu'ils vous doivent qu'ayant appris avec un sensible déplaisir l’affront que reçurent nos maistres-bourgeois sur la boucherie de Neuchâtel (hôtel de ville) en présence de tous les députés de l'Estat, lequel affront leur fut causé par le sieur Matthey, greffier de Collombier, que vous y aviez envoyé en députation, seulement pour entendre ce que Messieurs les Quatre-Ministraux avaient à leur proposer, et vous en faire le rapport au lieu de quoy il fut assez osé de se lever d’auprès des dits sieurs maistres-bourgeois pour s’approcher de la table où étaient assis Messieurs de Neuchâtel avec leur secrétaire de ville pour critiquer sur ce que celui-ci nous avaient marqués (inscrits) sur le rolle (registre) des bien-intentionnés de cet Estat, ce qu'il ne voulut souffrir et fit en sorte par ses discours que nous en fûmes rayés (tracés) en présence de tous les députés du Comté de Neufchâtel et Vallangin, et qu'on reprit à Messieurs les maistres-bourgeois et députés l'acte d'union et d'association faite avec tous les corps de l'Estat, en leur faisant de grands reproches sur ce que ceux de Boudry avaient toujours été les derniers tant à signer les articles généraux que les autres affaires importantes; et le dit Matthey non content de cela fût trouver ceux du parti contraire (les Contistes) pour se procurer une quantité de mémoires injurieux contre le Souverain tribunal des Trois-Estats, puis il partit de Neufchâtel environ la minuit pour venir à Boudry faire assembler le Conseil de ville, où il fit lui-même la lecture des mémoires fulminants et menaçants, en ajoutant un long discours qui fit prendre une mauvaise résolution à notre bourgeoisie, et qui fut rédigée par écrit et renvoyée sur le champ au dit Neufchâtel et qui fut derechef communiquée sur la boucherie (hôtel de ville) aussi bien qu’à Son Excellence monseigneur le comte de Metternich laquelle résolution fut généralement désapprouvée; toutes lesquelles choses tournent à la honte et confusion de notre généralle bourgeoisie; et comme vous avez reçu le dit Matthey pour luy et les siens au nombre de nos bourgeois contre notre gré et consentement, nous vous prions qu'il soit cassé et exclus pour luy et les siens à perpétuité de notre bourgeoisie, faute de quoy nous nous adresserons à la Seigneurie (le gouvernement) pour ce sujet, en luy représentant comment vous avez vendu notre bien à une personne que nous avons remarquée n’être propre que pour nous troubler, et qui a déjà quatre fils ayant outre cela une jeune femme pouvant peut-être encore luy donner douze ou quinze autres enfants qui aujourd'huy ou demain nous voudront passer sur la gorge, comme leur père fait déjà en voulant posséder toutes les charges et emplois du lieu, puisqu'il a fait tous ses efforts pour se faire mettre dans l'élection de justicier et de maistres-bourgeois s'étant fait nommer Ancien d’église quoique son beau-père le soit déjà aussi bien que plusieurs de ses oncles et s’est fait faire lecteur des prières qui se font en l’église, ayant aussi pensé ôter l’emploi à notre Secrétaire de ville qui est un de nos vieux bourgeois chargé d’une grosse famille, ayant aussi été assez hardi par ses cabales de faire demander son congé à notre procureur de ville qui nous rendait de bons services, dans la vue de s’ériger en sa place, voulant être de toutes les députations et mettre son nez dans toutes les affaires de bourgeoisie, etc. » Après la sentence des Trois-Etats du 3 novembre 1707, adjugeant la souveraineté du pays à Frédéric 1er, roi de Prusse, la bourgeoisie de Boudry s’étant réunie le 10 novembre, elle octroie « un goubelet de poudre et un pot de vin aux tireurs afin de se réjouir pour l’établissement du Prince que Dieu a donné au pays en sa grâce », et elle accorde aussi en sus « un demi pot de vin aux femmes veuves et autres habitants ».

incident (suite3)