Ceci nous paraît fixer la date de l'origine du nom de Treymond.
En définitive la bourgeoisie
fut condamnée, mais comme elle se plaignait aussi " d'escorchements
faits par les 4 communes à ses pasquiers et prels ", le gouverneur
de Bonstetten ordonna que les parties devaient s'entendre par
amitié pour " boiner un seul chemin au lieu moins dommageable.
" Cependant sept ans après, alors que le gouverneur de Bonstetten
et le duc Léonor d'Orléans qu'il représentait étaient tous deux
passés de vie à trépas, le chemin de dévestiture n'était pas
encore établi, et quatre conseillers d'Etat, le baron de Gorgier
en tête, durent se rendre sur place avec des délégations de
toutes les Communes pour tracer un chemin de vingt pieds de
large. Il en fut dressé procès-verbal sur parchemin, dont le
passage suivant nous montre la manière de procéder au bornage
des routes à cette époque : " ... Toutes ces raisons mises en
considération et pois, ensemble toutes autres choses qu'avons
pu et du rechercher en toute profondité selon la capacité infuse
à nos cerveaux nous avons commencé du côté de la bise prenant
du bord de l'eau le plus reculé et accessible sans (nous) mouiller,
à remarquer et adviser le lieu endroit pour le dit chemin et
aligner celui-ci des yeux et du pas tout le contremont de la
rivière et le plus près du pied de la montagne qu'avons pu connaître
être propre, commode et raisonnable pour toutes parties jusqu'à
la fin de la dite prise des dits de Boudry toujours accompagnés
de toutes les parties, où étant icelles retirées par Rostre
ordonnance nous avons reconnus et repris à nous tous les lieux
et endroits tant par vue oculaire de près et loin que par reprise
et figure de ceux qui nous étaient cachés par un groin de rocher
ou deux. " Ceci fait, les bornes furent plantées sans dispute
sinon douce et amiable. Il semblait que tout était dès lors
arrangé pour le mieux, mais il n'en était rien, car dans ces
différentes prononciations on avait omis l'essentiel, c'est-à-dire
de définir une fois pour toutes quelles étaient les limites
des forêts dites du Champ-du-Moulin, et nous trouvons en 1606
un nouveau démêlé entre Colombier, Bôle et Areuse
d'une part, et Boudry de l'autre, les trois Communes prétendant
avoir le droit de bochéage dans toutes les forêts à partir de
la " Baume Cottachair " et dès là en amont contre le vent deçà
et delà de l'eau, par le sommet ou Venne de la dite montagne
jusqu'à l'endroit des Solliats, y compris un lieu appelé la
Pourria, que Boudry, par contre, prétendait être situé sur son
territoire tout en refusant d'admettre qu'il portât ce nom.
les
foêts (suite3)