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Correction
de l'Areuse aux fabriques de Boudry
Il y a trois ans que je confiais
au Messager boiteux les déboires des habitants de la basse ville
de Boudry, leurs démêlés avec les flots indisciplinés
de l’Areuse, et j’annonçais, tout en restant quelque
peu sceptique, qu’on allait museler solidement, une fois pour
toutes, la turbulente rivière.
Hélas ! avant qu’on ait pu s’y mettre sérieusement,
notre incorrigible Areuse avait de nouveau fait des siennes : une année
s’était à peine écoulée qu’elle
enfonçait une vanne aux Fabriques, bousculait l’antique
barrage, construit d’énormes blocs de calcaire et de granit,
et se précipitait au travers du hameau des Fabriques qu’elle
inondait et ravageait, en démolissant au passage la scierie
Perrenoud, que sa situation exposait aux premiers assauts.
A plusieurs reprises les travaux de défense entrepris furent
emportés ; ce ne fut qu’à grand-peine qu’on
réussit enfin à refouler et contenir l’Areuse dans
un lit singulièrement agrandi, qui avait en cet endroit tout
l’aspect de quelqu’un de nos torrents dévastateurs
des Alpes.
Ce n’est que dans le courant de l’été 1899,
qu’avec l’appui de la Confédération, on a
pu se mettre sérieusement à l’oeuvre pour endiguer
et rétrécir le lit de la rivière, tout en rendant
aux cinq usiniers la force motrice dont ils sont privés depuis
deux ans à leur grave préjudice.
La planche qui accompagne ces lignes me dispense d’en dire davantage.
Le fait que c’est la Société technique de Neuchâtel
qui, avec ses puissants moyens d’action, a assumé la tâche
de dompter une fois pour toute notre capricieuse et turbulente rivière,
nous donne l’espoir d’être enfin mis à l’abri
de ses débordements.
Ainsi soit-il !

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