Château (3)
La
douairière se sauva en Bourgogne, mais son mari, à la tête de
sa garnison de Bourguignons, offrit une vigoureuse résistance.
La ville de Boudry fut finalement prise par escalade et la garnison
qui se réfugia au château y fut également forcée. Le château
et la ville furent annexés au domaine de la Comtesse de Neuchâtel.
Boudry vécut en paix sous la souveraineté d'Isabelle de Neuchâtel
qui confirma toutes ses franchises
par un acte du 2 septembre 1378. La ville se relevait tranquillement
de ses désastres lorsqu'elle fut exposée à de nouvelles calamités.
Le Sire de Grandson
tenta de s'en emparer de nuit, mais il fut repoussé. Depuis
cette époque, Boudry n'a plus été séparé du comté, puis de l'état
de Neuchâtel. On sait que sous le règne de Rodolphe de Hochberg,
des inquisiteurs de la foi firent des recherches sur la secte
des sorciers. Le château de Boudry, comme beaucoup d'autres,
devint le théâtre de scènes lugubres et terribles. En 1481,
le tribunal de l'inquisition, composé de moines dominicains
et de quelques laïcs siégea au château de Boudry. On possède
des dépositions qui peuvent donner une idée de la manière de
procéder de ce tribunal et de la crédulité des gens de cette
époque. Dès le XVIe siècle, les Comtes de Neuchâtel ne vinrent
plus résider au château de Boudry ; l'entretien en souffrit
; néanmoins, on fit d'importantes réparations à la fin de ce
siècle. En 1617, la foudre tomba sur la tour d'angle et causa
de sérieux dégâts au château. On profita des réparations pour
construire une cage en bois pour garder les prisonniers ! En
1752, le roi de Prusse, souverain de Neuchâtel, céda le château
à la ville et bourgeoisie
de Boudry. Des locataires privés occupèrent les locaux non réservés
à la prison. En 1823, le Prince de Neuchâtel reprit possession
de château en versant une légère indemnité à la bourgeoisie
de Boudry ; dès lors, il y eut de nombreux projets de transformation
; on y augmenta le nombre des cellules.
château
(suite 4)