Château (2)
NOTE
SUR LE CHÂTEAU
En
août 1306, le prévôt Jean de Neuchâtel affirma sous serment
que, dans une sentence rendue entre ses frères et sœurs, le
château (castrum de Boudri) avait servi de gages à Agnès et
Marguerite. On peut en déduire que l'édifice existait déjà en
août 1278. Plus tard, Rodolphe, comte et seigneur de Neuchâtel,
assigna ce château en dot à sa femme, puis le donna à sa fille
Marguerite avec tous les droits et rentes y afférentes pour
en jouir après son décès survenu en 1337. Le comte Louis de
Neuchâtel, après avoir perdu deux épouses et tous ses fils légitimes,
épousa en troisième noce Marguerite de Vuflens, veuve d'Aymon
de la Sarraz. Dès la mort du comte Louis, sa veuve prétendit
avoir droit à tout l'usufruit du comté. Des arbitres déclarèrent
ses prétentions infondées mais, en compensation, lui adjugèrent
la ville et le château de Boudry. Celle-ci s'engagea à respecter
les
franchises accordées aux Boudrysans par le comte
Louis. Au mépris de ses promesses, Marguerite commença malgré
tout à lever des impôts arbitraires et inconnus jusqu'alors.
Les bourgeois
osèrent se plaindre à leur chef, Nicolas Ceutechier, qui offrit
de justifier leurs plaintes devant les tribunaux. Marguerite
de Vuflens qui, entre-temps, s'était mariée avec un seigneur
bourguignon, Jacques de Vergy en fit saisir huit d'entre eux
et jeter dans les cachots. Ces faits ayant provoqué un grand
mécontentement, elle fit venir une garnison de soldats bourguignons
qui pillèrent la ville et rançonnèrent les habitants. Ensuite,
le feu fut bouté à la ville: 43 maisons brûlèrent sans qu'on
pût les éteindre, car du château on tirait sur ceux qui essayaient
d'intervenir. Il y eut pour 20.000 florins de dommages ! La
belle-fille de Marguerite, Isabelle de Neuchâtel, perdit patience
et envoya ses troupes pour s'emparer de la ville de Boudry.
château
(suite 3)