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Alphonse Bourquin à Boudry (suite9)le samedi 17 décembre 1831 |
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Tout à coup la rue se trouva couverte d'une nuée de voltigeurs tenant leur fusil d'une main, leur shako de l'autre, se précipitant au pas de course pour prendre possession des portes qu'ils s'attendaient à trouver fermées et occupées par des rebelles armés. Il n'y avait personne; leur victoire fut facile, bientôt les tambours annoncèrent l'approche du corps principal, trois ou quatre cents hommes, dont une partie était composée de la garde soldée en uniforme, avec du canon et quelques cavaliers de la garde urbaine; le tout commandé par le lieutenant-colonel Pettavel; mais avec lui était le général de Perregaux, le même qui fut blessé à mort quelques années plus tard, à l'assaut de Constantine. La troupe s'arrêta dans la rue principale et le chef manda aussitôt les autorités, qui s'empressèrent de se rendre devant l'hôtel-de-ville, où se tenait l'état-major. Pour dire vrai, nos magistrats, maîtres-bourgeois, justiciers, etc, n'étaient pas rassurés et se demandaient, avec une inquiétude facile à comprendre, si on allait les arrêter, comme on l'avait fait pendant la nuit à l'égard du plusieurs de leurs amis de Cortaillod et de Bevaix. Mais chacun pouvait voir qu'aucun préparatif de défense n'avait été fait que l'on n'avait pas même eu l'idée de fermer les portes du bourg. - N'avez?vous pas vu Bourquin, n'est?il pas venu jusqu'ici avec sa bande? demanda le chef principal. - Oui, mais ne trouvant pas ce qu'il désirait, il s'en est allé, et ses hommes de même. - Savez?vous où il s'est retiré? - Non. - Et ces hommes armés qu'on a vus cette nuit venant de Boudry? - C'était la garde urbaine que nous avions formée momentanément pour nous protéger contre les entreprises des volontaires de Bourquin. - Ces volontaires étaient?ils armés? - Non, les autorités militaires du canton de Vaud leur avaient fait poser les armes avant leur entrée sur le territoire du pays. Nous leur avons refusé celles qu'ils demandaient. - Vous avez bien fait, vous êtes d'honnêtes gens. Je vous charge de veiller avec soin au maintien de l'ordre et d'avoir l'œil sur les perturbateurs, les fauteurs de guerre civile. Pendant cette entrevue, des scènes révoltantes se passaient sous mes yeux, des soldats entraient dans les maisons que des délateurs officieux leur avaient sans doute désignées, opéraient des perquisitions, des arrestations. Quatre d'entre eux amenaient un pauvre vieux Dubied qu'ils avaient découvert je ne sais où. |
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